Dilettantisme
On me dit sérieux. Je voudrais bien. Salarié appliqué, dévoué à son travail, citoyen modèle. Je me rêve méthodique, irréprochable. Pourtant rien ne m'est moins tolérable que la constance. Aussi se figurera-t-on ce qui advient de mes prétentions et velléités.
Dans les faits, mon idéal est manifestement le dilettantisme. Au fond, je ne comprends pas l'attachement laborieux qu'on me demande d'avoir pour des activités idiotes. Il y a des choses importantes qui nécessitent un travail suivi, réparti dans la durée. Qu'importe ?
Croit-on que je vais consacrer mon temps (petit prélèvement d'éternité) à des activités futiles ? Aujourd'hui, rien dans mon action ne peut plus se comparer qu'à une ligne brisée. C'est l'éparpillement, une diversité irrépressible : le contraire de la concentration. Pourquoi cacher que c'est douloureux ?
Pourtant je le sens : dans ce fatras est concentré l'avenir. Que sera-t-il ? La perpétuation de ce jour ? À Dieu ne plaise ! Il y a longtemps que je n'ai plus scruté les lignes de l'avenir. Mais l'engagement, doit ressurgir, faire enfin de moi un serviteur résolu.
24/07/08 - 00:16
Si l'on donne leur sens aux mots, le dilettante est celui qui s'adonne à une activité par pur plaisir (un peu comme l'amateur, qui aime encore et encore ce qu'il fait).
Tout le contraire du fonctionnaire.
(Mais on peut faire la part du fonctionnaire et du dilettante.)
Et rien à voir avec les agités, et les trafiquants de paroles.
Le dilettante, s'il est constant dans la légèreté, doit bien aboutir un jour à l'essentiel.
Vous semblez, malgré les apparences, en avoir pris la direction, résolument.
Alors bonne route !
apax