21/07/2008

21/07/08 - 22:23

Eloge de la légèreté.

On me dit sérieux. Pourtant à la fois rien n'est plus vrai ni n'est plus faux. Oui, après tout, sérieux, je voudrais bien l'être : un salarié appliqué, dévoué à son travail, un citoyen modèle. Mieux encore, dans toutes mes entreprises, je me rêve méthodique voire systématique pour être imparable, irréprochable. Pourtant rien ne m'est moins tolérable que la constance dans une quelconque activité. Aussi se figurera-t-on ce qu'il advient de mes prétentions et velléités.

Dans les faits, on le constate invariablement, mon idéal est le dilettantisme. C'est d'ailleurs ici que j'ai appris ce terme de dilettante, que revendiquait alors l'un des inscrits que j'eus la chance de rencontrer voici trois ans. Au fond, je ne comprends pas l'attachement laborieux qu'on me demande d'avoir pour des activités que je n'entends guère. Il y a des choses importantes qui nécessitent un travail suivi, réparti dans la durée. Qu'importe ?

Croit-on que je puisse consacrer mon temps, ce petit prélèvement (mais capital) sur l'éternité, et quelque peu de mon énergie à des activités futiles ? Ce qui compte, rien ne peut s'y opposer. Et par touches successives, ce n'est qu'à cela que je m'attèle. Aujourd'hui, rien dans mon activité ne ressemble plus qu'à des pointillés. C'est l'époque de l'éparpillement, d'une diversité irrépressible : le contraire de la concentration. Comment cacher que c'est douloureux ?

Pourtant je le sais, quant à moi, le sens dans ce fatras est concentré tout entier dans l'avenir. Que sera-t-il ? La perpétuation de ce jour ? A Dieu ne plaise ! Si l'on me permet cette expression que je discuterai un autre jour. Il y a longtemps que je n'ai plus scruté les lignes de l'avenir. Ma précédente expérience en l'affaire fut un échec assez cuisant pour m'en prémunir à présent. Mais l'engagement, lui, doit ressurgir. Et faire de moi un serviteur résolu.

commentaires

24/07/08 - 00:16

Si l'on donne leur sens aux mots, le dilettante est celui qui s'adonne à une activité par pur plaisir (un peu comme l'amateur, qui aime encore et encore ce qu'il fait).

Tout le contraire du fonctionnaire.

(Mais on peut faire la part du fonctionnaire et du dilettante.)

Et rien à voir avec les agités, et les trafiquants de paroles.

Le dilettante, s'il est constant dans la légèreté, doit bien aboutir un jour à l'essentiel.

Vous semblez, malgré les apparences, en avoir pris la direction, résolument.

Alors bonne route !

26/07/08 - 13:10

Je m'avisais hier en m'endormant que l'absence de réponse à votre commentaire était de la dernière des impolitesses. Il me faut avouer que ne sachant détourner une amabilité en faisant sourire, il m'est plus courant de rester muet. En vous priant de pardonner mon incorrection, je salue votre bonté.

27/07/08 - 18:31

Tu m'évoques le soin avec lequel mon père écrivait. En tout cas, l'éparpillement, la diversité irrépressible ,le contraire de la concentration, cela aussi m'est douloureux. Être, ou se découvrir ambivalent est très pénible pour les idéalistes qui ont été formés à la maitrise de soi. Il y a cependant des choses à glâner dans ces promenades incontrôlées. Mieux connaitre nos moteurs, ou leur absence, peut-être?

29/07/08 - 18:38

Avez-vous vu ce très bon film avec Catherine Frot, qui s'appelle la Dilettante?

30/07/08 - 12:37

Non, merci pour cette indication.

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